Ecriture de partitions pour didgeridoo
| Pourquoi écrire ? | |
| Dans le
contexte du jeu traditionnel fortement marqué par une culture orale,
l'utilité de l'écriture est faible. Cela est d'autant plus
vrai que le didjeridoo n'a pas qu'une dimension musicale ! Dans un contexte plus contemporain, l'écriture peut s'avérer très pratique pour décrire précisément ce que l'on joue. Elle ne revêt pas pour autant un caractère obligatoire. La beauté de la musique ne réside pas dans ce qui est écrit mais dans les émotions et l'énergie véhiculées. L'écriture peut être alors envisagée comme support à la mémoire, à la transmission et à la composition. Ecrire des partitions de didjeridoo n'est pas un but en soi mais un moyen de garder une trace écrite au cas où la mémoire ferait défaut. |
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| Ecrire quoi ? | |
| Ecrire
les sons que l'on entend implique que l'on peut les distinguer les uns des
autres. Pour cela on utilise les quatre dimensions du son : Hauteur, Durée,
Intensité et Timbre. L'écriture musicale classique permet
d'écrire aisément les trois premières dimensions mais
définit le timbre principalement par l'instrument. Avec le didjeridoo, l'essentiel de la musicalité réside dans la modulation du timbre (il faut comprendre : modulation de l'amplitude des harmoniques), il est donc important de bien la décrire. C'est sur cette partie que réside l'essentielle de la difficulté de l'écriture musicale du didjeridoo, d'autant qu'il existe des grandes différences de comportement entre les didjeridoos ce qui impliquent des résultats différents pour une action identique. J'ai contourné la difficulté en ne cherchant pas écrire le résultat entendu mais en écrivant ce que l'on réalise en l'assimilant à des articulations comme si c'était un chant. |
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Exemple de partition
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| PORTEE | |
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Dans l'écriture
musicale classique, les hauteurs de sons sont matérialisées
par les lignes horizontales de la portée. Chacune de ces lignes
à une valeur définie.
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| RYTHME | |
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Les notations usuelles de l'écriture musicale sont utilisé : les figures de notes et silences, les signes de prolongations de durée, les symboles d'exécution, le découpage en mesure et les répétitions. Les indications de mesures et de tempo sont indiquées en début de portée. Il n'y a pas de clef ni de carure, mais il peut être préciser la note et les différentes sur-vibrations du didgeridoo si nécessaires. Quelques particularités
ont été ajoutées : concernant le regroupement de
sons effectués dans un même souffle, la notion de silence
lors du jeu en souffle continu, les effets de sous et surpression. |
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La durée des sons est indiquée par les figures de notes et silences Chaque figure de note a une valeur deux fois plus grande que celle qui la suit. Ainsi, la ronde vaut deux blanches, la blanche vaut deux noires, la noire vaut deux croches, etc. D'après ce principe, la ronde vaut deux blanches, ou quatre noires, ou huit croches, ou seize double croches et la pause vaut deux demi-pauses, ou quatre soupirs, ou huit demi-soupirs, ou seize quarts de soupir, ou trente-deux huitièmes de soupir. Remarque concernant la notion de silence ! Dans les morceaux utilisant le souffle continu, pour des raisons de clarté de la rythmique, il y a un silence lorsqu'aucune articulation n'est réalisée meme si le bourdon est toujours audible. Dans les morceaux où le souffle est interrompu les figures de silences correspondent à des moments où aucun son n'est réalisé ni même le bourdon. |
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Metrique La barre de mesure
est une ligne verticale qui traverse perpendiculairement les lignes de
la portée. Les barres de mesure séparent de façon
égale et régulière les différentes durées
d'une pièce musicale : l'espace entre deux barres de mesure consécutives
est une mesure.
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La division du
temps : binaires et ternaires Les mesures binaires
: la mesure est binaire si chacun des temps qui la compose est binaire.
Les principales figures pour représenter chaque temps de mesures
binaires sont la ronde, la blanche, la noire et la croche. Les chiffres indicateurs, placés au début de la portée sous la forme d'une fraction, donnent la taille d'une mesure. Le chiffre du bas indique la figure de note de référence : 1 pour la ronde, 2 pour la blanche, 4 pour la noire et 8 pour la croche. Le chiffre du haut indique le nombre de figure de note de réference par mesure. Pour les mesures binaires : la figure de note de référence est souvent la noire (4) mais peut être aussi la ronde ou la blanche. Pour les mesures ternaires : la figure de note de référence est quasi-systématiquement la croche (8). Le tempo donne
la vitesse à laquelle on doit jouer le morceau. Il indique le nombre
de pulsation par minute. |
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Les symboles d'executions donnent des informations complémentaires sur la façon de jouer. Deux symboles ont des spécifités au didgeridoo. "même souffle" : il est nécessaire quand il y a interuption du bourdon, notament pour savoir si les silences correspondent à des silences ou au bourdon ; sinon il n'y en a pas besoin et par défaut on ne le met pas. "sous et sur-pression" : écrit avec une fleche descendante ou montante devant la figure de note pour préciser les effets de sous et sur-pression.
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| ARTICULATIONS | |
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Dans le jeu du didjeridoo les mouvements et les positions des lèvres et de la langue peuvent être assimiler à des articulations. Celles-ci sont très complexes car elles font intervenir de nombreux organes et muscles. Heureusement nous sommes capables de réaliser cette gymnastique linguale assez aisément. Il est par contre beaucoup plus difficile de décrire précisément chaque articulation. La phonétique articulatoire utilise un outil très pratique pour cela : l'Alphabet Phonétique International (API). Cet alphabet référence l'ensemble des sons que nous sommes capables d'émettre pour parler toutes langues confondues. De nombreuses lettres peuvent sembler barbares au néophyte mais elles présentent l'avantage de bien différencier les nombreuses articulations. L'alphabet latin, d'usage plus courant, est beaucoup moins précis car il induit de nombreuses ambiguïtés : certaines lettres peuvent être interprétées de manière très différentes. Je me suis servis de cet alphabet pour créer un alphabet spécifique au jeu du didjeridoo. Il est donc possible d'écrire les différentes attaques, les harmoniques, les effets de coulisse, compressions, vocalisations et les modes d'inspirations. J'ai aussi travaillé sur la forme des lettres pour faciliter la lecture et l'écriture. |
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Harmoniques Le son
du didjeridoo est constitué d'une vibration fondamentale et de
ses vibrations harmoniques. C'est la modulation de l'amplitude des harmoniques
qui permet de modifier le timbre du son du didjeridoo. Pour amplifier
ces harmoniques il faut créer des volumes de résonances
spécifiques à chacune d'elles avec les différents
résonateurs de l'appareil phonatoire. On utilise les voyelles, les consonnes fricatives et spirantes et compressives pour écrire ces harmoniques. Les joues, les lèvres et la machoîre ont aussi un role très important. |
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Voyelles La caractéristique
majeure des voyelles est le libre passage de l'air, il n'y a ni fermeture
ni restriction du canal expiratoire. |
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Friction et Résonnace Les
fricatives sont des articulations avec une forte tension linguale et un
étroit canal d'expiration alors que les spirantes sont réalisées
avec peu de tension linguale et un canal d'expiration plus large. Le volume
de résonance est aussi moins important que celui des voyelles. Pour préciser la nature spirante ou fricative on peut utiliser les symboles "tension et relachement musculaire" (Voir le paragraphe sur les symboles d'articulations) Coulissements et compressions Lorsque la langue se déplace d'une position à une autre, il se produit un effet de coulissement des harmoniques que l'on écrit en juxtaposant les voyelles, fricatives ou spirantes correspondantes . La compression correspond également à un déplacement de la langue, des joues, de la machoire ou des lèvres mais beaucoup plus énergique |
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Attaques Le mode d'attaque des sons est écrit à l'aide des consonnes occlusives. Ces consonnes sont caractérisées par une fermeture suivie d'une ouverture soudaine du canal expiratoire. Les roulements
sont produits par des vibrations de la langue, des levres ou uvule sous
la pression de l'air interne. Il en résulte une ou plusieurs occlusions
successives, très rapides, accompagnées de résonances
brèves. Pour les Clics la langue prend appui sur le palais en deux points, il se crée un dépression entre l'avant et l'arriere de la langue et c'est à l'ouverture que ce produit un son très bref. Les clics peuvent être utilisés uniquement sans le bourdon.
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| VOCALISATIONS | |
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Les cordes vocales permettent de générer une seconde vibration de hauteur variable. La note du didjeridoo et celle des cordes vocales forment un accord. Celui-ci est écrit en précisant le registre (aigü, medium ou grave) et l'accord avec le didgeridoo. La durée et l'intensité de la vocalisation (cri ou nappe) sont indiquées par la ligne rythmique. |
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| SOUFFLE CONTINU ET RESPIRATION | |
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Le didjeridoo
est joué avec la technique du souffle continu. Sur la
partition, le moment ou l'on peut respirer est indiqué par une
virgule dans l'espace rythmique
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Modes
d'expulsion
Fermeture de l'espace buccale
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| POLICE D'ECRITURE | |
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Pour écrire des partitions sur ordinateur j'ai crée une police d'écriture, téléchargeable ainsi que la table de caracteres. Vous pouvez aussi télécharger un petit livret regroupant tous les tableaux de cette page. * police didjonetik (ttf) à copier dans le dossier "font " * table de caractère (pdf) * livret (pdf) *version allegée (pdf) |
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Selon les besoins et/ou envies, ou peut préciser certaines articulations à l'aide de symboles diacritiques. "Pointe" , "Lame", "Rétroflexe" et "Latteral" :précise quelle partie de la langue agit, concerne surtout les articulations alvéolaires "Linguo-labiales" ; "Antérieure" et "Postérieure" : précise le lieu de l'articulation, se rapportent surtout aux articulations alvéolaires. "Ouvert" et "Fermé" : précise le volume de résonnance et/ou de friction des fricatives et des voyelles "Arrondies" et "non-arrondies" : précise la forme des lèvres "Tenue": concernent les fricatives et occlusives, précisent si la position doit être tenue ou pas. |
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"Ejective" : articulation accompagnée d'une mise en pression de l'air entre la langue et la glotte, s'applique plutot aux occlusives ainsi qu'aux fricatives. "Tension et relachement" : Précisent l'état de tension de la langue ou des lèvres "Relachement inaudible" : la fin de l'articulation ne s'entend pas, s'applique aux occlusives et fricatives. "Aspiré" : articulation produite en aspirant, concerne plutot les sons sans bourdon. "Nasal" : en cas de vocalisation avec résonnance nasale. |
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